mardi 24 mars 2009

Inventaire avant Liquidation

Inventaire avant Liquidation.

Porosité à la panique consécutive à l’effondrement des marchés? Miné de l’intérieur, par un coup de grisou en se réveillant cinquantenaire et constatant, suivant les critères gouvernementaux du moment, la ruine de sa vie par l’absence de Rolex au poignet ? Effet domino de la crise, l’entraînant dans sa chute ?  Une chose semble certaine: l’exposition de Christophe Meyer, prévue à la Chapelle du Carmel, intitulée Inventaire avant Liquidation présente un ensemble d’oeuvres qui sont autant de fragments d’un corpus de travaux hétéroclites tels qu’apparaissent les moments forts d’une vie en accéléré, lorsque celle ci défile devant les yeux de celui qui, précipité dans un abîme, voit filer sa biographie avant l’écrasement définitif, en ayant vainement tenté de s’agripper à un événement saillant de sa carrière, comme il arrive aux héros de films d’action de se faire accrocher par une racine, même par le fondement du pantalon -dans ces cas-là, on est rarement regardant-.

Profitant d’un état de relative fraîcheur de l’artiste, Inventaire avant Liquidation propose donc l’exploration de l’iceberg que constitue l’oeuvre de Christophe Meyer, la partie naufragée étant la plus importante, sous la forme démembrée d’un inventaire en vrac, car en cours, en work in progress ou plus précisément, d’une manœuvre équivalente à une tentative de sauvegarde permanente, un back-up de dossiers divers, au fur et a mesure qu’ils sont exhumés des différentes strates de son atelier.

Parmi ces éléments en débâcle surnage “Peinture Puissance Cheval” qui découle de l’expérience et des processus de ces dernières années de travail. La figure du Cheval, très simplement découpée en silhouette de carton, s’incarne en couleur par la peinture et une dynamique forte naît de l’amplification de sa forme, de sa répétition ainsi que des associations ou des contrastes intenses des couleurs, d’une grande tension et d’une grande pureté. La forme récurrente de son Cheval au mouvement indéterminable (cabré? sautant? en cavale?) est résolument dynamique. “La peinture est mon véhicule, elle me porte et me dynamise, et m’apporte une énergie que j’essaie de capter de restituer”, déclare Christophe Meyer, pour qui les figures animales sont des “auto-motifs”, ce que confirme la lecture des éléments textuels incrustés dans les nappes et couches de couleurs, dans un langage tirant de la technique à la lingua franca contemporaine, Horse-Power.

Sont aussi présentés des éléments d’une encyclopédie vaudouisante, Kitamal, une Danse Macabre, une centaine de tableautins d’une série prophétique “Avenir de la Cruauté” et au chapitre Télévision Magazine, dans la grande tradition de peintures de papes allant de Velàsquez à Bacon, des portraits de Benoît XVI, la série B16.

1 commentaire:

  1. Ils vivent et ils meurent leur montre-Rolex ou non-au poignet à l'heure précise de leur liquidation, avec ou sans stock-option.

    Tannenbaum.

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