vendredi 2 juillet 2010

NOVO n°9

Michael Jackson, traits creusés, projet de gravure.


Michael Jackson, traits creusés est un chantier de gravure centré sur la figure de Michael Jackson. L’un des objectifs de ce travail en progression est de réaliser, par la gravure en taille d’épargne une danse macabre ayant en mémoire tampon l’ iconographique des danses macabres rhénanes, de la revitaliser par des images multiples en un équivalent clipvisant à réinsérer, dans notre actualité crépusculaire, des fantômes. 

Le choix de la figure de Michael Jackson comme forme de travail pour ce projet de gravure s’est imposé à moi, suite à un accident de skateboard m’ayant réduit à l’inactivité sinon celle d’assister, médusé, devant l’écran de mon ordinateur, au phénomène causé par son décès de figure “royale” de ce que l’on nomme pop-culture. L’intrication entre sa personne, son image médiatique et ses apports créatifs sont interdépendants et ont projeté une série  d’avatars, au sens ou nous entendons ce concept, ou nous nous reconnaissons tous, également, depuis le développement des identités virtuelles. Certains artistes se sont ainsi constitués un avatar, une image identifiante: Andy Warhol, lunettes sécu/perruque blanche, a sa poupée mannequin jouet, stéréotype fétiche ludique. Karl Lagerfeld jouant de son personnage inscrit dans la haute couture, dans l’art contemporain et la consommation de masse, s’est construit une image en silhouette qui vaut logo. Authentiques icônes de la marchandise pop-culturelle contemporaine, il ne m’intéresse pas de les déconstruire, mon média choisi, la gravure, ne me le permettant pas de la même façon que la figure de MJ m’y pousse. La mise en scène dans ses clips, par Michael Jackson lui même, d’obsessions récurrentes m’interressant (doubles ambivalents: homme-loup, ange démoniaque, mort-vivant, danse macabre, félins chargés chat noir, panthères), comme ses apparences physiques successives sont graphiques et en analogie avec le travail de la gravure, de la plaque noire à l’évanouissement dans le blanc de la forme, qui se taille. Les différents états du travail sont les constats/images arrêtées d’un flux, d’un mouvement de ce travail en cours. Le cœur du travail est l’adéquation juste entre un sujet et un flux. La danse macabre est ici une projection dynamique, en équivalence aux figures et pas de danse de Michael Jackson jouant au corps-mort-vivant-mécanisé, secoué et ramené à la vie par des spasmes génésiques. Ainsi, d’une façon certaine, je taille: pulsion, entaille, encrage, impression.



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