samedi 9 octobre 2010

Friche

Friche, le sens du combat.

Champs, jardins, propriétés ou zones industrielles dites en friche vivent un état temporaire d’abandon relatif, hors de l’usage car souvent hors d’usage, épuisés par l’usure de ce qui fut leur quotidien. Entrés dans une période de réensauvagement, la flore s'y développe en maquis abritant faune et esprits propices à la rêverie. Il s’y génére une énergie locale particulière. Ces endroits, envers de l’usage, deviennent les points émergents de flux revitalisants, et portent des rêves qui se transmettent. Parfois captés, certains de ces rêves rejoignent alors la réalité. Lorsque un rêve rejoint la réalité, alors, il n’y a plus que la réalité et il faut attendre un nouveau cycle de désenchantement.
Ces rêves portent en eux l’énergie d’un combat qui se développe comme la ronce de mûrier, liane verte et souple, agressive et aiguillonnante, faite de griffes et d’accroches, qui envahi et protège la friche, et la signe. La ronce, c’est la marque de la friche et le barbelé qui sépare la géographie protégée du rêve réensauvagé de l’espace normé ou nous circulons en automatisme, mettant un pied devant l’autre pour courir au néant sans y penser, s’exanguer sans y saigner. Dans la friche, chaque pas oblige de s’y couler, c’est sa loi, avec souplesse, c’est son ivresse, à moins de s’y maudire, griffé au sang. La friche est une nature en combat, la ronce son ange gardien. L’affronter, c’est en rechercher la bénédiction.

Christophe Meyer, juillet août 2010, texte programatique pour l’exposition du 9-10 octobre 2010, pavillon vitré du Parc Henri-Louis Kayser, rue Boecklin, Strasbourg Robertsau.


1 commentaire:

  1. De la force et de l'emotion transmises par des pulsions vitales,de l'energie, de la vie et de la mort, on ne sait ce qui se joue, on reste dans l'inconnu, on est dans l'action mais rien ne sortira de ce secret-
    j'adore

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